Les Ateliers de Rennes

Fondé et dirigé par Bruno Caron, le groupe Norac a mis en place fin 2005 une politique de mécénat dans le domaine de l’art contemporain.Art Norac, association loi 1901 reconnue d’intérêt général, a été créée pour mener des actions de mécénat dans le cadre de la loi d’août 2003.Au début de l’année 2006, pour créer cette manifestation, un appel d’offre est lancé pour recruter un commissaire d’exposition et une équipe. Sont ciblés des organismes à but non lucratif, actifs dans le domaine de l’art et rassemblant les compétences nécessaires à l’organisation d’un tel événement. Une direction artistique et une équipe conçoivent et réalisent les deux premières éditions de la biennale en 2008 et 2010. En juillet 2006, la proposition de l’association Art to be, dirigée par Raphaële Jeune est choisie par un comité de sélection rassemblant principalement des professionnels de l’art. En mars 2007, le nom, Les Ateliers de Rennes – biennale d’art contemporain, voit le jour, avec pour objectif d’établir un pont entre le travail en l’entreprise et le travail de l’artiste. La première édition de la biennale se tient en 2008 sous le titre Valeurs Croisées, la seconde en 2010 sous le titre Ce qui vient.Une direction artistique et une équipe étant choisies pour deux éditions, un comité de suivi de la biennale est mis en place pendant quatre ans ; il est composé de représentants d’Art Norac, de partenaires artistiques publics et de professionnels du monde de l’art contemporain.En janvier 2010 est lancé le deuxième concours des Ateliers de Rennes, avec pour objectif de sélectionner un nouveau projet artistique et une nouvelle équipe pour les éditions 2012 et 2014. L'association Lucidar, créée par Anne Bonnin, est sélectionnée par un jury parmi quatre équipes finalistes.  INTERROGER LES RELATIONS ENTRE L’ART ET L’ENTREPRISEL’économie conditionne plus que jamais nos existences: elle régit chacun des secteurs de l’activité humaine, s’infiltre dans les sphères les plus intimes, valorise même ce qui n’a pas de valeur d’échange, quantifie l’inquantifiable. Il est donc naturel que les artistes nourrissent leurs créations avec une réalité aussi omniprésente, soit qu’ils en dénoncent abruptement les dysfonctionnements, soit qu’ils utilisent ses dynamiques pour les détourner, soit encore qu’ils ouvrent des pistes inexplorées qui font entrevoir d’autres possibles. Les Ateliers de Rennes sont la première biennale à traiter des relations entre l’art et l’économie. Champ d’exploration riche de questionnements et de possibilités de création, cette manifestation offre l’opportunité d’aborder des sujets cruciaux aujourd’hui – le travail, la valeur, la pensée de l’avenir – dont les artistes s’emparent de multiples manières. Elle est aussi l’occasion d’une importante réflexion par des chercheurs et des intellectuels, en écho aux œuvres, sur les enjeux abordés.Une des spécificités des Ateliers de Rennes est de permettre la rencontre entre des pratiques artistiques et des pratiques économiques et entrepreneuriales, une rencontre qui se fait parfois sous forme de confrontation, voire d’opposition – tant les objectifs sont différents –, parfois sous forme d’une hybridation des savoirs et des procédures – tant les modes de production peuvent se révéler proches dans certains cas. Il est d’ailleurs courant que les artistes, dans le développement d’une œuvre, mènent des collaborations avec le monde de l’entreprise, ou soient parfois eux-mêmes à la tête d’une petite entreprise.Dans le débat sur la relation art/entreprise, la question reste celle du rapport de force qui pose implicitement celle du besoin ou du désir mutuel. Le désir de l’artiste pour l’entreprise lui permet-il de rester affranchi de prescriptions qui ne seraient pas conformes à sa démarche ? Le désir de l’entreprise pour l’artiste permet-il à celle-ci d’intégrer le doute et l’espace critique de l’art sans tenter de les transformer en valeur marchande ?