Notices biographiques de quelques artistes de Ce qui vient

Artistes : Reynald DrouhinLaurent DuthionGoldin+SennebyYona Friedman

Reynald Drouhin

Né en 1969 à Paris. Vit et travaille à Paris.

Reynald Drouhin expérimente et développe depuis plusieurs années une œuvre dans le domaine des technologies numériques, de la photographie, de l’installation et de la sérigraphie. Une partie de son travail est visible sur le site Incident.net dont il est membre depuis 1996. Cette plateforme de création plastique – qui n’est pas exclusivement numérique – est un lieu d’échange et de rencontre des pratiques, où conversent et s’alimentent des esthétiques et des créations. Pour Ce qui vient, Reynald Drouhin expose Cité au Couvent des Jacobins, une sculpture en bois brûlé représentant une ville déshumanisée. Sorte d’interface virtuelle, l’œuvre s’inscrit dans une pensée globale de construction d’une ville, et par extension d’une cité idéale, en jouant de l’ambivalence entre l’utopie et son contraire, la dystopie.

Laurent Duthion

Né en 1972. Vit et travaille à Rennes.

Laurent Duthion prend appui sur la recherche scientifique pour produire des œuvres-objets qui invitent à expérimenter différemment le monde. À travers sa volonté de perturber et parasiter notre perception des choses, il interroge notre rapport à l’incertitude constitutive de l’avenir. Il propose deux œuvres pour Ce qui vient. Transsubtantiation, etc. est un projet éditorial de science-fiction qui prend appui sur la traduction du Nouveau Testament par le théologien suisse Louis Segond (1810-1885). L’artiste propose une version adaptée du texte canonique, respectant la structure du récit, et donne à découvrir une lecture inédite, re-visitée selon les codes de la narration science-fictionnelle. Autre projet présenté sous la forme du buffet de vernissage, Cécile Substantine est une invitation à ingérer des aliments incolores totalement inconnus, conçus par l’artiste selon des recettes issues de la chimie moléculaire. Si nous sommes, comme il est convenu de le dire, constitués de ce que nous mangeons, cette œuvre nous propose de faire l’expérience d’une confrontation intime à l’inconnu de notre devenir.

Goldin+Senneby

Collectif créé en 2004. Vivent et travaillent à Stockholm.

La structure collaborative dans laquelle travaillent les deux artistes suédois Simon Goldin et Jakob Senneby se propose d’explorer des constructions juridiques, financières et spatiales à travers les notions de performance et de virtuel. The Temperature of Speculation: Part 1, première étape d’un projet qui connaîtra différents développements, prend appui sur les modèles de calcul des dérivés financiers qui étayent les pratiques spéculatives depuis les années 1970. Ils s’intéressent plus particulièrement aux dérivés climatiques, et souhaitent établir une relation entre les cours boursiers et les inquiétudes liées aux fluctuations climatiques, par la création d’un outil capable de générer une « température financière ».

Yona Friedman

Né en 1923 à Budapest. Vit et travaille en France.

L’architecte Yona Friedman développe depuis le milieu du XXe siècle le concept d’« architecture mobile », selon lequel habitat et urbanisme doivent être pensés d’une part par leurs utilisateurs, et d’autre part en intégrant l’imprévisibilité du comportement futur de l’usager. La forme prônée par l’artiste pour répondre à ce concept s’intitule « Ville spatiale », qu’il décline en séries. Utopie réalisable, elle est posée sur des « tours escaliers », dont seule l’ossature est statique. L’habitat y est modulable et le sol libéré. Pour Ce qui vient, l’artiste continue à élaborer son Musée du XXe siècle, qui a fait sa dernière escale au Pavillon hongrois de la Biennale de Venise en 2009. Yona Friedman investira le patio du Musée des Beaux-Arts de Rennes en y installant un vaste filet où les habitants de Rennes seront invités à déposer des objets qu’ils estiment pouvoir être, dans le futur, des marqueurs de notre époque.