Basim Magdy

1977, Égypte ; vit et travaille à Bâle


Les œuvres de Basim Magdy irradient de couleurs irréelles et acides. Ces brumes teintées qui apparaissent à la surface de ses films et de ses photographies sont le résultat d’une exposition prolongée de la pellicule à des produits d’entretien qui attaquent l’image en même temps qu’ils lui confèrent cet aspect psychédélique. Au Frac Bretagne, The many colors of the sky radiate forgetfulness (2014) se présente comme une expérience tactile du temps qui passe. Si une composition sonore s’écoule sur les images d’une nature qui bruisse, la narration reste, elle, silencieuse. Comme dans un film muet, le récit s’écrit sur un fond noir s’intercalant entre les images. De manière troublante, la présence humaine et animale semble avoir disparu de ce cadre verdoyant et n’y subsiste que sous formes de sculptures mémorielles ou d’animaux empaillés. La narration fait état de cette disparition de l’environnement naturel, des erreurs que répète inlassablement l’espèce humaine et du cycle amnésique qui continue de les engendrer. Le film, comme une mémoire capricieuse et floue, mélange les images et les désintègre progressivement.
Au Musée des beaux-arts, une série de photographies (2014–2015) immortalisent des paysages minéraux ou insulaires (The cautious passing of light through endless layers of forgiveness et When the dust settled we saw our neighbors constructing amber palaces for their protectors), des formations géologiques (A World within a world within a world within a green coral wall), une végétation luxuriante (Fate brought us to the shores of a lava lake at dawn no. 1) ou un immeuble en ruine (It was time for an endless nap). Lavées de dégradés fluorescents, les images comme les paysages semblent avoir été érodés par le passage du temps. Non sans rappeler les supports métalliques des premières photographies de la fin du 19e siècle, les images ont été imprimées sur des plaques d’aluminium qui renforcent leur épaisseur analogique. Elles explorent notre désir anachronique pour ces images abîmées à l’heure où Instagram nous permet de les décolorer grâce à des filtres qui les fanent instantanément.

Musée des beaux-arts de Rennes

A World Within a World Within a World Within a Green Coral Wall, 2014

C-print from a chemically altered negative on metallic paper
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire; artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture

Fate Brought Us to the Shores of a Lava Lake at Dawn (no. 1), 2014

C-print from a chemically altered negative on metallic paper
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire; artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture

It Was Time for an Endless Nap, 2015

C-print from a chemically altered negative on metallic paper
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire; artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture

The Cautious Passing of Light Through Endless Layers of Forgiveness, 2014

C-print from a chemically altered negative on metallic paper
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire; artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture

When the Dust Settled We Saw Our Neighbors Constructing Amber Palaces for Their Protectors, 2015

C-print from a chemically altered negative on metallic paper
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire; artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture

Frac Bretagne

The Many Colors of the Sky Radiate Forgetfulness, 2014

Film Super 16 mm transféré en full HD (11 min)
Courtesy de l'artiste ; Gypsum Gallery, Le Caire ; huntkastner, Prague et artSümer, Istanbul
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture