Jean-Charles de Quillacq

1979, France ; vit et travaille à Zurich


On pourrait dire de Jean-Charles de Quillacq que ce qu’il érige ou entreprend tient parfois à peine debout. Ses œuvres entretiennent un lien particulier au corps dans ce qu’il a d’impuissant et de dépendant, mais aussi dans ce qu’il peut produire comme ressemblances et dédoublements. À ce titre, Les Petites Filles (2015) rapproche trois photographies représentant l’artiste, sa sœur et sa nièce coiffé·e·s d’un masque de plongée qui nous empêche de les distinguer les un·e·s des autres. À proximité, plusieurs sculptures répliquent. Parmi elles, Horizontal Thoughts (2015) se compose de deux moulages de la jambe gauche de l’artiste se tenant côte à côte dans leurs baskets, dans l’inconfort d’une mise en marche immobilisée. Mes béchamel (2018), consiste, elle, en l’agrégation au sol de plusieurs tubes en epoxy, résine chère à l’artiste qui la travaille inlassablement comme une « matière psychique ». Accolés les uns aux autres, ces éléments tubulaires imitent le tuyau d’arrosage qui leur sert de support. Blue Jean (2015) est quant à elle une sculpture composée de trois moulages en résine de la jambe du compagnon de l’artiste sur lesquelles il a soufflé l’encre bleue de stylos Bic. Cet astreignant travail de la bouche souligne l’importance de l’aspect performatif et de l’oralité chez J.-C. de Quillacq, donnant lieu, ici, à la production de nouvelles œuvres.
Pour Le Remplaçant (2018) il accueillera les visiteur·euse·s du Frac Bretagne avec une proposition mettant en jeu des rapports de consentement et de transactions marchandes. En échange du moulage de leur nez, il les recevra individuellement pendant plusieurs minutes dans une pièce close, portant le masque de son propre visage. Chaque visiteur·euse sera alors libre de lui demander tout et n’importe quoi. Au fur et à mesure que les échanges se concluent, les moulages de nez rejoignent La Place des Rechanges (2018), une couverture roulée dont ils semblent dépasser comme des visages endormis dans un lit. Si vous ne croisez pas J.-C. de Quillacq au Frac Bretagne, vous pourrez peut-être l’apercevoir dans les collections du Musée des beaux-arts. Car par empathie, émotion ou imitation, il vient régulièrement répondre à la matérialité peinte des larmes de la Marie-Madeleine Pénitente (1657) de Philippe de Champaigne (L’Imitation par les larmes, 2018).

Musée des beaux-arts de Rennes

L’imitation par les larmes, 2018

Performance
Courtesy de l'artiste.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

Frac Bretagne

Blue-jean, 2015

Encre BIC bleue soufflée sur résine acrylique
Collection Frac Limousin, Limoges.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

Horizontal Thoughts, 2015

Résine acrylique, baskets
Courtesy Marcelle Alix, Paris.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

La place des rechanges, 2018

Couverture, moulages en plâtre
Courtesy of the artist.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

Les petites filles, 2015

Impressions chromogènes sous Diasec
Courtesy Marcelle Alix, Paris.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

Mes béchamel, 2018

Tuyau d'arrosage, résine époxy
Courtesy de l'artiste.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

Le Remplaçant, 2018

Performance
Courtesy de l'artiste.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.