Julien Creuzet

1986, France ; vit et travaille à Paris


Nouvelle production dans le cadre de À Cris Ouverts

On parcourt les installations de Julien Creuzet au son de sa voix, enveloppé·e par ses chansons et poèmes. Donnant titre à ses œuvres, ses phrases sinueuses résonnent de cet héritage si propre à la langue française des Caraïbes, chargée de chocs et d’inattendu.
Aussi, à la Halle de la Courrouze on lira (…) Me sens-tu par terre, Petit jeux, Cheveux dans la poussière. Source solaire, Je suis sorcière. Tête dans les airs, Vénère, Endocrinien androgyne, Sans ovaire, J’ai rdv à 9h, Douceur du coeur, À 9h, J’ai des attentes à 9h, Mésentente à 9h, J’ai des humeurs à 9h, Sueur fureur à 9h. À 9h ou à n’importe quelle heure (...) Dans cette nouvelle installation (2018), trois structures autoportantes rappellent l’écosystème protégé et fertile des mangroves formées par les palétuviers. Au son nocturne des criquets, leurs branches ou racines, recouvertes de tissus irisés, portent des écrans qui nous présentent un couple qui se repousse. La fumée qu’ils se soufflent au visage remplit l’écran et intoxique la relation, tandis que l’image se perturbe, elle « glitch » comme si le courant ne passait plus. Pourtant, on lit sur un panneau gravé que l’histoire avait commencé par un « match », une compatibilité prédie par l’application de rencontres Tinder. Ici un lit défait, là une horloge déréglée, racontent une désynchronisation progressive. Les textos qui s’affichent croisent le phrasé de J. Creuzet, il y a de l’oralité dans l’écriture. « tout mon ressac, la même chanson triste, la même, avec les mêmes mots. Alors tu pourras voir, mon triste désastre, devant la télé, la tête fumée. C’est un emménagement, puisqu’il faut ouvrir, mettre à nu, sa charge thoracique. C’est un campement du déchirement, je me sépare, éparse, éparpillée ». Sur les sculptures, deux oiseaux se sont posés. Les tissus disparates qui les habillent se juxtaposent dans un patchwork qui fait écho aux mots librement associés des chansons retentissant en différents points de l’espace. Ces mélodies qui s’emmêlent, ces images et textures qui se frôlent, forment un collage sonore et plastique où se content des histoires d’amour et d’altérité.

Halle de la Courrouze

(...) Me sens tu par terre, petit jeux, cheveux dans la poussière. Source solaire, je suis sorcière. Tête dans les airs, vénère, endocrinien androgyne, sans ovaire, j’ai rdv à 9h, douceur du coeur, à 9h, j’ai des attentes à 9h, mésentente à 9h, j’ai des humeurs à 9h, sueur fureur à 9h. À 9h ou à n’importe quelle heure (...), 2018

Chaise de Fontenay-sous-Bois, tresse en raphia et corde d’Istanbul, plastique, vêtements de Léna, tissu d’Emmaüs, dentier de ma mère, ormeau, structures métalliques, litres de colle, gravures sur bois, vidéos, bois, horloge, tissus, cuir, bling-bling, bouteille, grappe de dattes, son, textos, verre de Chicago, cuivre de Bogota
Courtesy de l’artiste.
Production Les Ateliers de Rennes – 2018.