Darielle Tillon


(France), née en 1967, vit et travaille à Rennes

Darielle Tillon réalise des films depuis la fin des années 1990, après une formation en école d’art. Courts ou longs métrages, ses films déjouent les catégories, et inscrivent un rapport à la fiction, voire au fantastique, à l’intérieur d’une approche très réaliste, « brute » comme elle le dit, des contextes et des personnes qu’elle filme, qui souvent ne sont pas des acteurs professionnels. Par la proximité qu’elle instaure dans le quotidien d’un tournage, avec ou sans scénario préétabli, la fiction s’installe petit à petit, à l’aide de fragments de dialogues écrits qui prolongent des paroles captées spontanément, ou des scènes rejouées, fabriquant une distanciation. « Il s’agit de se laisser glisser d’un mode à l’autre », dit l’auteure, « dans un déroulé qui s’enrichit au fur et à mesure d’associations d’idées, d’analogies, de liens possibles entre différents éléments, mais qui conserve délibérément accrocs et ruptures ».

Le premier long métrage de Darielle Tillon a été sélectionné à Entrevues (Belfort) et à IndieLisboa (Portugal). Elle a été par ailleurs récompensée pour des courts et moyens métrages aux Rencontres du moyen métrage de Brive et au festival Côté Court de Pantin.

Le 21ème siècle sera africain, film de Darielle Tillon (Clair Obscur)
La Criée : rencontre publique avec les artistes

Le 21ème siècle sera africain (2016),

Le 21ème siècle sera africain est un film tourné sans écriture préalable, à l’occasion d’un voyage au Burkina Faso en 2015 après les émeutes ayant entraîné la destitution du président Campaoré, au pouvoir depuis un coup d’état en 1987. Darielle Tillon y rencontre un groupe de jeunes gens, filme leurs conversations, leurs activités, capte les préoccupations et les difficultés de leur existence, et filme avec eux plusieurs histoires de fiction qu’ils écrivent ensemble. Elle y rencontre aussi l’artiste français Jean-Marie Perdrix, qui a établi avec ce groupe un très singulier atelier de sculpture et dont plusieurs œuvres sont également présentées à La Criée. Le film, constitué de nombreuses parenthèses en suspension, de fragments parfois irrésolus qui reflètent l’histoire de son tournage, aborde « au passage » le rapport de ces jeunes africains à l’Afrique, à l’Occident, et à la colonisation.

Le film est présenté à La Criée, centre d'art contemporain.
Séances du mardi au vendredi à 12h30, 14h00, 15h30, 17h00.
Samedi et dimanche à 14h00, 15h30, 17h00.