David Douard


(France), né en 1983, vit et travaille à Paris

La circulation et la conductivité sont au cœur de l’œuvre de David Douard. Elles sont rendues tangibles par des matériaux (le fil de cuivre conducteur d’électricité, la résine qui agglomère) comme par des images (la langue, qui sécrète, ou la bulle de verre, produite par le souffle). Fontaines, fleurs, abondent dans ses sculptures, de même que les chevelures, la salive, autant de motifs métaphoriques à travers lesquels il évoque la circulation du vivant, et son inhérente impureté, la corruption, et la contamination. David Douard est un artiste à l’écoute des rumeurs souterraines de la société actuelle. Son travail se nourrit de textes, souvent de poésie, qu’il extrait du Darknet, cette zone hors contrôle de l’Internet. Il peuple de cette parole les espaces fantomatiques de ses installations – espaces inspirés par les lieux du travail tertiaire, des zones grises des espaces collectifs. L’inquiétude, la violence sourde qui électrise ses œuvres n’est pas sans lien avec celle, vécue dans le corps et le langage d’Antonin Artaud, figure référente de David Douard.

David Douard a exposé au Sculpture Center (New York), au Palais de Tokyo (Paris), au centre d’art contemporain de Malmö, au Kunstverein de Braunschweig, ainsi qu’à la Biennale d’art contemporain de Lyon, à la Biennale de Taïpei, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et au Barro | Arte Contemporáneo à Buenos Aires.

David Douard invité sur France Culture

WE ’VE NEVER (2016),

WE ’VE NEVER est une installation labyrinthique spécialement réalisée pour Incorporated! et la grande galerie du Frac Bretagne. À l’image de son titre, qui en quelques mots suspendus ouvre la possibilité d’une communauté (un “nous”) et la referme dans un “jamais”, l’installation est un dispositif traversant, un espace ouvert, collectif mais comme démembré, où le spectateur cependant est toujours tenu à distance, physiquement et émotionnellement. Cet espace est hanté par le son, la voix, qui produit une manière sensible de relier au corps cet espace déserté, déshumanisé. David Douard joue des extrêmes de l’émotion, alliant la froideur de l’architecture à la vibration des images, des voix, qui constituent un appel à l’inquiétude.