Ed Atkins


(Royaume-Uni), né en 1982, vit et travaille à Berlin

En quelques années, l’œuvre d’Ed Atkins est devenue une référence majeure parmi une génération d’artistes utilisant les technologies numériques. Ses films, présentant souvent des personnages misanthropes monologuant sur le sentiment de peu de réalité de l’existence, agglomèrent les disruptions caractéristiques de la diffusion des médias sur internet : apparitions de logos, interruptions, glitch, superpositions ou répétitions d’images, dispersant l’attention et diffusant une profonde mélancolie. La méthode d’Atkins est d’abord fondée sur une pratique d’écriture poétique, qu’il interprète lui-même devant la caméra afin de s’enregistrer en « motion capture », que vient compléter le travail de texture hyperréaliste et d’animation qui caractérisent son esthétique, jouant de tous les métamorphismes propres à l’imagerie digitale.

Ed Atkins a notamment exposé au MoMA PS1 (New York), à la Tate Britain (Londres), au Stedelijk Museum (Amsterdam), au Palais de Tokyo (Paris) et au SMK - National Gallery of Denmark (Copenhague).

Ed Atkins présente son dernier projet, Safe conduct

Safe Conduct (2016),

Inédit en France

Safe Conduct (2016) est le film le plus récent d’Ed Atkins. Sur la musique lancinante du Boléro de Ravel, trois écrans monumentaux suspendus montrent un décor d’aéroport dévasté et déserté, hanté par un homme au visage brûlé. Seules les machines continuent d’y fonctionner, les voyants de clignoter, et les tapis roulants de charrier des matériaux conventionnellement prohibés : cutters, armes à feu, mais aussi matières organiques et fragments de corps démembrés déposés par le personnage qui, alternativement, effectue les gestes prescrits par les consignes de sécurité en cas d’accident, et s’auto-mutile. Atkins offre une peinture à la fois tragique et grotesque de la société de contrôle tournant à vide, qui prend, dans le contexte de l’état d’urgence généralisé, une connotation particulièrement angoissante.