Ismaïl Bahri


(Tunisie), né en 1978, vit et travaille à Lyon

Placer une feuille de papier battue par le vent devant l’objectif de sa caméra, ralentir la chute de gouttes d’eau en les faisant glisser le long d’un fil, observer le reflet de la ville dans un verre rempli d’encre tenu à la main en marchant : Ismaïl Bahri effectue des gestes élémentaires, empiriques, et prête attention à « ce qui arrive », à ce que ces opérations lui font faire. L’artiste se positionne en observateur, il tâtonne, parle de « myopie » pour son travail. Il met ensuite en place ce qu’il nomme un « dispositif de captation » de ces gestes, utilisant le plus souvent la vidéo, mais aussi la photographie, le son, sans spécialisation. C’est bien souvent à la périphérie du regard qu’émerge du sens, dans la présence indicielle du monde environnant qui affleure, et révèle sa présence.

Le travail d’Ismaïl Bahri a été présenté au Collège des Bernardins (Paris) et à la Cinémathèque de Tanger. Il a également participé aux Rencontres de Bamako - biennale africaine de la photographie et prépare une exposition au Jeu de Paume (Paris) en 2017.

Ismaïl Bahri au FID Marseille
La Criée : rencontre publique avec les artistes

Coulée douce (2006-2016), Revers (2016),

Revers (2016) est l’œuvre réalisée par Ismaïl Bahri pour Les Ateliers de Rennes en coproduction avec La Criée. Le « dispositif de captation » est cette fois un film où se reproduit inlassablement une même action répétitive. Une photographie sur une page de magazine, froissée et défroissée, disparaît à vue d’œil tandis que l’encre de la page s’imprime sur les mains qui alternativement dérobent et révèlent au regard l’image évanescente. Ismaïl Bahri présente également Coulée douce (2006-2016), une installation presque invisible : un fil de coton traverse l’espace, sur celui-ci glissent des gouttes d’eau, ralenties dans leur chute avant de s’écraser au sol et de constituer une flaque d’eau, qui s’agrandit et s’évapore pendant la durée de l’exposition. Ismaïl Bahri capte et dirige l’attention vers un microcosme auquel l’œil doit s’accoutumer, un mouvement continu, la constitution d’un organisme vivant dans l’espace d’exposition.