Jean-Alain Corre


(France), né en 1981, vit et travaille à Paris

Jean Alain Corre est un sculpteur, mais il peint, dessine, modélise. Dès 2006, il crée le personnage de Johnny et explique : « Johnny n’est pas un double. Il n’est pas un avatar non plus. C’est un personnage sans scénario ». « Intermédiaire » entre l’artiste et son travail, c’est un personnage errant dans un contexte post-industriel, générateur de formes et d’idées. Une centrale d’informations et d’histoires dans laquelle l’artiste vient s’approvisionner. Jean-Alain Corre mène au travers de ce personnage un processus d’assemblage de divers éléments mêlant souvent des systèmes organiques, liés au corps ou à la nature, à des éléments architecturaux et urbanistiques. L’artiste aborde la sculpture par le dessin. Par la peinture, il maquille, texture et confère du narratif à ses sculptures selon un processus d’érotisation que l’on retrouve dans l’ensemble des Métro Bondage, 2014. Jean-Alain Corre glane et utilise des éléments issus du métro parisien, en extrait des structures en acier, sectionne et recompose sensuellement des formes connectées, câblées, soudées ou collées entre elles. Des « abattis » pour reprendre un terme par lequel Rodin qualifiait un répertoire de formes en morceaux. Chez lui, l’approche de la sculpture est « une peinture en volume ».

Nominé à la 16e édition du Prix Ricard en 2014, Jean-Alain Corre a exposé à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, à l’Institute of Contemporary Arts Singapore (ICAS), au Palais de Tokyo (Paris) et à l’exposition Hors-Les-Murs du Palais de Tokyo en parallèle de Manifesta 11 à Zürich.

Journey home (2016),

Journey home, l’installation inédite qu’il réalise à la Halle de la Courrouze poursuit les obsessions de l’artiste, et notamment son fétichisme vis-à-vis d’objets incongrus, et leur ressemblance/assonance avec des éléments organiques. Ici, un ensemble de sacs en faux cuir dessinés par une styliste, évoquent des organes internes, des réseaux nerveux ou sanguins ; une cornemuse à son tour véhicule l’image de systèmes digestifs ou sexuels. Corre procède par libres associations d’idées, et soumet ces formes à de nombreux scénarios, fragments de narration qui se donnent à lire dans l’exposition par une mise en scène sous la forme d’une architecture évoquant un décor de bureau, lieu aseptisé propice au fantasme.

En collaboration avec Marie Colin-Madan, designer textile. Avec le soutien de 40mcube Hub Hug.