Thomas Teurlai


(France), né en 1987, vit et travaille à Marseille

« Thomas Teurlai, œuvre vandalisée. » Cette annotation sur le cartel placé au pied d’une œuvre de l’artiste, exposée récemment dans un parc de la Mairie du 9e arrondissement à Marseille, résonne de manière hasardeuse mais juste avec sa démarche plastique. Dans ses installations, Thomas Teurlai cherche avec une audace sans limite une forme de mise en péril, voire de menace, pour lui et pour le spectateur. Il transforme systématiquement les objets qu’il utilise, fait dériver les flux d’énergie pour en dévier le sens. L’artiste se joue des matériaux, les appauvrit, trafique les modes d’emploi. C’est dans cette étoffe fragilisée, dans cette ambiance constante d’atelier ou de laboratoire illégal que Thomas travaille à contourner l’autorité.

Nominé au Prix Fondation d’entreprise Ricard en 2015, Thomas Teurlai a exposé au Musée Cantini (Marseille), au Copycat Building (Baltimore), à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo (Turin) et au Palais de Tokyo (Paris).

Thomas Teurlai, sculpteur du son, exposé à Marseille

Moonshine, 2016,

Thomas Teurlai fonde bien souvent sa pratique sur des savoir-faire empiriques qui détournent les objets de leur fonction, et rendent tangibles la circulation des énergies. Ses influences sont les trafics souterrains, parfois illicites, de matériaux. Il réalise pour Incorporated! une installation inspirée par les méthodes traditionnelles de fabrication du vin de palme, où un système de récupération de sève est appareillé sur des troncs incisés de palmiers. Ici, ce système est transformé en circuit fermé, et l’alcool pompé coule en goutte-à-goutte sur des câbles électriques faisant vibrer la lumière de néons fixés aux troncs des arbres. Nature, mécanique, électricité, fusionnent en un système bricolé, un laboratoire clandestin autonome.

Avec le soutien de 40mcube Hub Hug.